– La Grange des Vergers d’Attainville… Making Of –

A quelques semaines de l’ouverture officielle, et à quelques jours de la fin officielle du chantier, du moins en ce qui me concerne, je vous propose de revenir cette semaine sur ce projet fou qui m’aura occupé une bonne partie de l’année. Pour que tu comprennes le pourquoi du comment, les Vergers d’Attainville m’accueillent régulièrement pour que j’y fasse des images pour des travaux personnels, même si à l’heure actuelle je ne sais pas encore ce que je vais en faire… Maintenant, pour la petite histoire, les Vergers c’est une exploitation arboricole qui se transmets depuis trois générations. Installée à Attainville dans le Val d’Oise depuis 1969, elle propose entre autres 25 variétés de pommes maison, mais aussi des poires maison, des fraises maison , des groseilles et des courges elles aussi maison ; distillant le tout depuis 20 ans dans un magasin de producteurs aujourd’hui au bord de l’implosion… Voilà, on se couchera tous moins bête ce soir, ne me remerciez pas.

6 mois en arrière à quelques jours de Retromobile, je suis contacté par Nicolas, le boss des Vergers d’Attainville, qui à l’instant « T » est en panne d’idées pour son agencement intérieur et la scénographie de son nouvel espace de vente alors en construction. Au même instant « T », votre serviteur alors en pleins préparatifs pour Retromobile, a besoin de sortir le nez de son atelier, de prendre l’air… C’est de cette façon que je me retrouve un café à la main à arpenter le nouvel espace de vente des Vergers. 500 m2 en travaux, sans fenêtres ni portes automatiques, complétement vides, dans lesquels sans arrières pensées je balance quelques idées prenant même le temps d’en crayonner quelques unes. 2 heures après je réintègre le bouclard dans le but de finaliser ma sculpture pour Retromobile tout en ayant accepté à l’aveugle de relever le défi de ce chantier titanesque. J’ai alors 6 semaines pour faire le lien entre le passé et l’avenir… C’est pile à ce moment que j’ai été un poil naïf ou complètement fou… Imaginer, dessiner, penser techniquement et fabriquer un magasin complet… le tout en 6 semaines et tout seul… Naïf, le mot est sans doute un peu faible, mais si j’avais vraiment réfléchis, je n’aurais jamais accepté, et le boulot me serais passé sous le nez, me privant d’un défi de taille.

Retromobile derrière moi, une « To do List » longue comme un jour sans pain scotchée au mur, un semi remorque de bouts de bois en planches de toutes les tailles, de la visserie noire et bichromatée en veux tu en voilà, une paire de feutres assistée de mon fidèle Pilot V7 (des fois je le change, je suis obligé… nous sommes d’accords que ce n’est pas le même depuis 10 ans…) et me voilà parti tête baissée comme si rien ne pouvait m’arrêter. Je vais pas te mentir, au début j’y ai cru… Cependant au bout de 5 semaines à vouloir imposer une Rascal’ touch sur chaque pièce fabriquée, étant incapable de bâcler les projets entrepris, j’ai compris que le chantier allait durer plus que 6 semaines. Je le rappelais dans une de mes chroniques, mais me donner carte blanche est sans doute aussi dangereux que satisfaisant. J’ai alors patiemment imaginé, dessiné et fabriqué cette nouvelle scénographie déclinant à toutes les sauces la caisse « Pallox » symbole de cette exploitation, seul élément imposé par mon client. Placards, étagères, meuble à vin, casier de présentation et même bureau façon « Baywatch », tout aura été fabriqué à la main par votre serviteur… Vous ne saviez sans doute pas que j’étais en mesure de gérer des chantiers d’une telle envergure… Moi non plus ! Plus sérieusement, j’ai appliqué ce que j’ai passé 20 ans à pratiquer dans mon ancienne vie professionnelle, après avoir quitté les bancs de l’Ecole Boulle. Ceux qui me connaissent savent que j’ai pour habitude de fabriquer solide ( j’aime pas refaire deux fois les mêmes choses…), je n’ai pas failli à ma réputation et le bâtiment sera écroulé depuis longtemps que la « scéno » sera toujours debout.

7 mois plus tard, venais le temps des dernières baguettes de finitions, des dernières plinthes, des petits crochets noirs par ci par là, de l’accastillage pour la partie épicerie, des derniers coups de vernis avant l’ouverture officielle prévue dans les semaines à venir. L’autre soir, à chaud, après l’ultime coup de balai, je me suis juré de ne pas refaire de chantiers d’une pareille ampleur.. Cependant, après quelques nuits de sommeil et quelques journées à laisser mon cerveau analyser la situation en arrière-plan, je commence à me dire que ca serait rigolo de remettre le couvert… Alors à qui le tour ?

Merci à mes clients pour leur confiance aveugle et leur patience sans limites…

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